Ralph Maxwell Lewis, un Rose-Croix des temps modernes tome II

L’éducation accroit-elle le sens moral ?

Ce mois-ci, nous vous proposons de lire un extrait du livre Ralph Maxwell Lewis, un Rose-Croix des temps modernes tome II, publié par la Diffusion Rosicrucienne. Ce deuxième tome est la suite de l’œuvre de cet homme d’exception, humaniste, rosicrucien, philosophe et mystique, qui fut Impérator de L’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix pendant près de 50 ans.

La valeur de base de l’éducation est l’acquisition de la connaissance existante et la formation de la personne selon des moyens et des manières qui lui permettent de parvenir à d’avantage de connaissance. L’étude que requiert l’éducation stimule l’intellect et les facultés de raison, d’imagination et de mémoire.

La moralité est à la fois objective et subjective. L’aspect objectif se compose des codes de moralité institués et qui proviennent soit de la tradition religieuse, soit des codes moraux qui ont été établis par la société pour ses besoins. Ces derniers peuvent, dans leurs lignes essentielles, être basés sur un code théologique, en y incluant certaines mesures auxquelles la société a trouvé une valeur utilitaire. Ces codes objectifs de moralité sont variés; il ne sont pas universellement acceptés. Ainsi, la définition de l’immoralité, en tant que conduite nettement définie, varie dans les différentes parties du monde.

L’aspect subjectif de la moralité est une impulsion innée, mieux définie comme une conscience. La conscience est une impulsion immanente de l’être humain à se conformer à un sentiment de justice. Elle impose au moi certaines valeurs pour ses actions. Autrement dit, l’homme voit certains actes soit comme des injustices envers les autres, soit comme des vertus qu’il souhaite acquérir.

Ainsi, il est souvent difficile de distinguer l’éthique de la moralité. Objectivement, la moralité au sens religieux est considérée comme ayant son origine dans un décret divin, comme par exemple le Décalogue ou les Dix Commandements. L’éthique cependant, en tant que conduite, ne peut pas être directement reliée à un décret moral, mais la violation d’un principe éthique peut amener l’homme à penser qu’il manque de cette vertu qu’il relie au commandement moral. Par exemple, une représentation fausse dans une transaction d’affaires est éthiquement mauvaise, mais elle peut aussi être interprétée par l’individu comme moralement mauvaise puisqu’il est coupable de mensonge.

Nous pouvons donc dire que la vraie moralité, ce qui est expérimenté subjectivement comme une impulsion à éviter ce qui semble immoral, est émotionnelle; elle a une motivation psychique. Celui qui ne se conforme pas à une telle motivation éprouve un sentiment de culpabilité. Quand l’homme cherche à transformer ce sentiment  intérieur en un code de conduite particulier, c’est à dire lorsqu’il cherche à le rendre objectif, alors la difficulté surgit. Il cherche un principe, un code moral, qu’il soit religieux ou simplement accepté par la société, qui semblent exprimer son sentiment intérieur de justice. A ce point commencent les écarts entre les préceptes moraux et humains.

L’éducation peut introduire l’homme à l’histoire de la moralité et de l’éthique. Elle peut, par exemple, relier le code d’Hammurabi (XVIIIème siècle avant J.C.), le Décalogue de Moïse et le code de l’ancien scribe égyptien Ptah-Hotep. L’éducation peut aussi dévoiler les préceptes moraux des religions modernes. Cependant, il peut n’y avoir aucune relation personnelle correspondante avec ce qui a été appris grâce à l’éducation. Autrement dit, savoir ce que l’on dit être bien d’un côté et s’efforcer de parvenir à un état moral personnel de l’autre côté, sont deux choses différentes, l’une dépend de l’éducation et l’autre d’une motivation psychique.

L’éducation seule ne fait pas la moralité. Nous en sommes couramment rendus conscients par des exemples que nous trouvons dans la presse publique. Donner à un chercheur le titre de docteur en philosophie ne signifie pas nécessairement que cet érudit soit vertueux. Cependant, là où la conscience domine, c’est-à-dire là où existe le désir de discipliner le moi, l’éducation peut alors aider dans le choix d’un code moral qui soit raisonnable. L’éducation peut dévoiler la tyrannie et la persécution qui ont existé dans le passé sous des codes moraux qui étaient considérés comme l’expression de la volonté d’un être divin ou comme révélés par lui.

L’éducation peut permettre de faire la distinction entre le fanatisme absolu sous le déguisement de la moralité et une conduite et des relations humaines éclairées. Mais l’éducation ne peut pas établir un code de valeurs morales qui reçoive une acceptation émotionnelle uniforme de tous les hommes. Peu de personnes ont une profondeur intellectuelle ou une formation éducative leur permettant de prévoir si le code moral qu’elles acceptent pour exprimer leur conscience pourrait créer une injustice ou même avoir pour résultat la persécution des autres.

Par exemple, nous pouvons revenir en arrière et examiner la moralité des colons puritains d’Amérique du Nord. Aujourd’hui nous voyons les puritains à la lumière d’une plus large expérience et nous notons les effets sur les autres de leur code moral strict. Nous pouvons voir qu’un tel code n’a trop souvent été qu’un déploiement fanatique d’intolérance et de bigoterie qui tomba dans l’obscurité de la superstition.

- Fin de l'extrait -