Messages d'une initiée de la Rose-Croix

Le jardinier mystique (1954)

Ce mois-ci, nous vous proposons de lire un extrait du livre Messages d’une initiée de la Rose-Croix, publié par la Diffusion Rosicrucienne. Il a été écrit en hommage à Mademoiselle Jeanne Guesdon, Grande mystique et femme résolument moderne, elle accède , en 1955, à la charge de Grand Maître de l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix.

Les sages de la Chine traditionnelle, les Taoïstes, aimaient à répéter que les cultivateurs étaient, de tous les humains, ceux que leur profession rapprochait le mieux de la vérité. Ils en donnaient des raisons pertinentes, sur lesquelles nous reviendrons peut-être quelque jour.

Mais aujourd’hui nous voudrions vous rappeler que chacun de nous est, d’une certaine façon au moins, un jardinier, mais un jardinier mystique qui cultive son âme et son esprit. Ce n’est pas un jeu de mots que nous risquons là, mais une vérité profonde que nous désirons mettre en lumière car, pour être mené à bien, le développement du meilleur de nous-même doit être conduit selon l’art millénaire du jardinier.

Il faut d’abord que le terrain soit préparé, c’est-à-dire que nous soyons de bonne volonté et dociles à l’enseignement. Il faut aussi que la graine convienne au sol, c’est-à-dire que celui qui, karmiquement, n’est pas prêt pour comprendre, est d’avance voué à l’échec. Mais aussi, et surtout, il est absolument nécessaire de se rappeler qu’on ne fait rien de bon et de durable sans patience et persévérance ! Nous touchons là à un point essentiel de notre enseignement; certains membres nous reprochent de les conduire trop lentement dans le Sentier de la Vérité. Ils sont exactement comme un jardinier qui, venant de semer, s’impatienterait de ne voir rien sortir de terre en quelques jours, alors qu’un vieil amateur de jardins, homme éclairé, se rirait de lui et lui rappellerait que le temps détruit toujours ce qu’on bâtit sans lui.

C’est à dessein, après une longue expérience, et en accord avec les connaissances profondes de nos Maîtres, que nous vous donnons peu à peu la nourriture spirituelle; il faut que vous l’assimiliez vraiment, c’est-à-dire que vous la compreniez non seulement avec le cerveau, mais avec tout votre être. L’enseignement, comme une graine bienfaisante et minutieusement sélectionnée, germera en vous à l’heure et en temps voulus. Aller plus vite serait risquer de tout gâcher.

Nous savons bien que de soi-disant Maîtres ne manquent pas, qui promettent à tous venants de les initier en quelques jours. Il y a peu de temps nous avons même eu en main un prospectus naïf qui garantissait les «pouvoirs psychiques en six leçons». Cette hâte puérile, ce bluff ingénu, plus que tous autres indices, condamneraient ces faux maitres et leurs fausses vérités.

N’oubliez pas qu’en Asie certains Maîtres spirituels attendent dix, quinze, vingt ans avant de donner à leurs disciples un enseignement véritable; et en Occident même les néophytes pythagoriciens étaient astreints à une longue probation.

Nous ne saurions mieux terminer ce message qu’en citant les paroles même de notre Imperator : «L’Ordre de la Rose-Croix développe l’un des plus universels systèmes de philosophie qu’on puisse trouver aujourd’hui pour l’amélioration de l’individu. Le Rosicrucianisme ne se borne pas au mysticisme et aux concepts mystiques. Il fouille aussi les diverses sciences de base, suffisamment pour enseigner une appréciation du monde matériel et la relation qui existe entre ce monde et l’homme. Il se préoccupe des problèmes d’éthique, comme aussi de la santé et du perfectionnement individuel, sous un grand nombre d’aspects différents…»

- Fin de l'extrait -