La discipline

La discipline

Ce mois-ci, nous vous proposons de lire un extrait du livre L’Education sauvegarde de l’humanité, publié par la Diffusion Rosicrucienne. Il a été écrit par Serge Toussaint, Grand Maître de L’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix, qui se livre dans cet opuscule à une étude théorique et pratique de l’éducation.

Si la politesse fait partie des valeurs que l’on doit inculquer aux enfants, il en est une qui est devenu à ce point impopulaire que le seul fait de l’évoquer suscite la polémique, à savoir la discipline. Pourtant, dans son application la plus courante, elle consiste simplement à fixer des règles qui leurs sont bénéfiques sur tous les plans, même si cela ne leur semble pas évident : se coucher de bonne heure, ranger leur chambre, prendre soin de leurs affaires, apprendre leurs leçons, etc. Certes il est plus facile de leur dire «oui» que de leur dire «non», mais ils ont besoin de contraintes et d’interdits. Ne pas leur imposer un minimum confine à la permissivité, au laxisme ou à la démagogie, et constitue une démission à l’égard de l’éducation que nous devons leur donner. Devenus adultes, il devront respecter les lois qui régissent la vie en société. Les préparer à le faire ne peut que leur être utile.

Dans la plupart des sociétés modernes et démocratiques, on se targue de vivre dans un «état de droits». Mais qu’en est-il des devoirs ? Assurément, un grand déséquilibre s’est creusé entre les uns et les autres, ce qui explique en grande partie pourquoi les rapports humains manque d’harmonie et de fraternité. A son époque, Pythagore, considéré comme l’un des plus grands philosophes et législateurs que l’humanité ait connus, ne cessait de rappeler à ses concitoyens que la vie en communauté implique un parfait équilibre entre les droits et les devoirs. Si cet équilibre n’est pas respecté, elle finit par dégénérer et donner lieu à l’anarchie, avec tout ce qui en résulte en terme de discorde et de chaos.

Un deuxième Manifeste fut publié l’année suivante, en 1615 : la «Confessio Fraternitatis». Sans entrer dans les détails, je dirai qu’elle constitue le prolongement de la «Fama» et complète en donnant des précisions sur les règles et le fonctionnement de la Fraternité rosicrucienne; tels que je les avais établis. On y trouve également des révélations sur le «Liber Mundi» (le Livre du Monde), sur le but véritable de l’alchimie, et sur la Science que les Rose-Croix possèdent pour mener à bien la régénération spirituelle de l’humanité.

Dès lors que l’on fixe des règles à un enfant, on peut s’attendre à ce qu’il les enfreigne et, comme on le dit familièrement, à ce qu’il désobéisse. Que faire alors ? Il faut lui rappeler et lui expliquer en quoi il est utile de les respecter. S’il persiste à ne pas tenir compte, on ne doit pas hésiter de punir. Si on ne le fait pas, il se sent autorisé à faire ce qu’il veut. Naturellement, il ne s’agit pas de le frapper, mais de le priver de quelques choses qui lui procure du plaisir et de la joie, en veillant à ne pas être excessif. En règle générale, une punition est d’autant plus efficace qu’elle est donnée avec calme et sérénité, mais aussi fermeté. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, la colère, pire encore la violence, ne font qu’alimenter des rapports de force et sont inefficaces.

L’autorité

Les remarques précédentes posent tout le problème de l’autorité. Jusque dans les années 1960, elle était autoritariste, tant dans les familles qu’à l’école. Les punitions étaient souvent excessives, et les châtiments corporels fréquents. On frappait les enfants, parfois violemment. Devenus parents, ces générations d’enfants ont adopté une attitude diamétralement opposée et se sont montrées permissives au point de s’interdire d’interdire. On est donc passé d’un extrême à l’autre, au détriment de l’éducation.

- Fin de l'extrait -